RENDRE VISIBLE L’INVISIBLE

L’opérateur en bourse se trouve souvent confronté à un problème fréquent dans toutes les activités qui demandent une prise de décision : déterminer dans quelle situation on se trouve, afin de pouvoir choisir une action à entreprendre.

L’opérateur se trouve dans la situation du marin qui s’aventure dans un endroit avec de nombreux rochers et avec des courants puissants. Pour naviguer dans un endroit pareil, le marin doit rendre visible l’invisible. Pour cela il va utiliser une carte, un sondeur, un GPS pour savoir où il se trouve, et d’autres instruments. Muni de ceux-ci, il rend  visible les rochers et les courants. Il sait où aller et où ne pas aller.

Le marché génère du bruit la plupart du temps. Ce bruit empêche d’avoir une vision claire.

L’opérateur va devoir rechercher les éléments qui lui permettent de définir sa stratégie qui se résume en trois possibilités : acheter, vendre ou ne rien faire. En réalité la situation est un peu plus complexe que cela. Pour être précis, l’opérateur doit se poser la question : acheter, vendre ou ne rien faire  sur un horizon de temps donné. Prendre cette attitude va souvent lui permettre d’éclairer son raisonnement.

Une fois votre horizon de travail fixé (par exemple la journée), commencez par vous placer sur un horizon de temps supérieur (5 à 6 fois l’horizon actuel soit dans notre cas la semaine) pour savoir quelles sont les forces en présence sur le marché. Repérez la tendance de fond sur ce schéma. Des moyennes bien calculées suffiront souvent pour cet exercice. Ou alors des canaux, droites de tendance etc.

Allez cette fois sur le schéma représentant votre horizon de travail. Supposons qu’une valeur donnée baisse sur l’horizon de travail alors que sa tendance à l’horizon supérieur est à la hausse. Si les prix  forment  un arrêt avec une moyenne montante, il y a de très forte chance que   le marché rebondira sur ce plancher.

Pour savoir si c’est un signal d’arrêt, il faudra souvent descendre à l’horizon inférieur (l’horizon de travail divisé par 5 ou 6, soit l’heure dans notre cas) pour entrevoir le signal d’arrêt qui pourra se manifester par un doji, un marteau un croisement de moyenne ou tout signe de retournement, la plupart du temps confirmé par un indicateur.

Voir un exemple à la fin du texte

Mais cela ne suffit pas toujours à effectuer la levée de doute. Il sera alors nécessaire d’aller chercher dans sa trousse à outils des éléments de confirmation. Il existe de très nombreux outils. Nous pouvons en retenir quelque uns qui nous ont la plupart du temps, donné satisfaction.

Les Bandes de Bollinger permettent de situer les prix actuels en fonction de la volatilité du marché. Leur déformation aux différentes unités de temps est un outil précieux pour apprécier si le marché veut sortir de son état de volatilité donné.

Les retracements de Fibonnaci vont nous indiquer les supports et les résistances qui serviront de points d’entrée et de sorties lors des mouvements techniques.

Les supports et résistances passés combinés aux chandeliers japonais vont nous indiquer si l’on est sur un point de retournement ou non. Les zones de bataille passées laissent une trace dans les mémoires, traces qui se traduisent en supports et résistances. Mais supports et résistances sur un horizon court peuvent être facilement cassés, ce qui est nettement moins vrai sur un horizon plus lointain.

Les indicateurs, maniés avec précaution (c'est-à-dire en estimant bien leur position relative) et en regardant soigneusement la propagation sur les unités supérieures sont aussi des éléments précieux.

Finalement, les figures chartistes peuvent nous donner des éléments importants de l’état du marché.

Pour prendre une position confortable (à faible risque) et qui soit suffisamment profitable, il faut idéalement que plusieurs critères aillent dans le même sens. On peut estimer que si quatre critères vont dans le même sens on a de sérieuses chances d’avoir en main une position qui sera lucrative et à faible risque. Quelquefois trois critères suffisent si les signes sont explicites.

Voilà pour le cerveau gauche c'est-à-dire le cerveau rationnel. Reste maintenant à provoquer le cerveau droit. Celui-ci  doit être stimulé pour apercevoir les signes que l’on attend.

Pour cela n’hésiter pas à vous promener sur les schémas. Pour voir la danse du marché, rapetissez votre schéma (c'est-à-dire augmenter sur votre schéma le nombre de périodes : si 20 périodes sont visibles passez à 40 ou à 60 de façon à voir la courbe que dessinent  les prix). Ceci est valable quelque soit l’horizon de temps. Pour voir la forme que dessinent les chandeliers, diminuez le nombre de périodes, leur niveau d’ouverture et de clôture, leur longueur etc.… Passez en simple courbe de clôture.

Passez en échelle semi-logarithmique et revenez à l’échelle arithmétique. Déplacez vous devant votre écran : il arrive parfois de mieux voir en étant de coté qu’en face.  N’hésitez pas à changer les couleurs (fonds d’écran, couleur des bougies, des moyennes, des canaux etc.…). En un mot essayez de surprendre votre cerveau afin de stimuler l’intuition.

Et surtout n’oubliez pas le vieux truc des guetteurs : pour bien voir il faut regarder à coté et reposer sa vue. N’hésitez à décrocher vos yeux de l’écran. Et surtout si vous travaillez sur des horizons très petits, décrochez fréquemment votre vue de l’écran.

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(Clicquer sur l'image pour l'agrandir)

Le 8 mars le CAC en journalier donne des signes de faiblesses. Est ce un retournement ou au contraire une occasion d’acheter ? La moyenne quotidienne 50 tient toujours. La moyenne 50 hebdo monte toujours. Le graphique à une heure montre un plancher. Les prix sont rentrés dans les bandes de Bollinger. Nous prenons notre risque à la hausse avec un stop sous la bande inférieure de Bollinger qui semble désormais à volatilité stable. Le retracement de Fibonnaci et la moyenne 50 sont au même niveau. Après un plongeon, les cours se sont reposés sur le retracement et la moyenne.

Cette utilisation des 3 périodes a été due à l'origine à Alexandre Helder.