Il vous est déjà arrivé d’aller dans une boutique. De voir un objet qui vous plaisait, mais de ne pas avoir envie de l’acheter tout de suite. Le vendeur qui a vu que cet objet attirait votre attention, va alors se lancer dans un ballet dont l’ordonnancement est parfaitement réglé. Il va vous faire admirer l’objet, vanter ses qualités, et vous voyant accroché mais pas décidé à l’achat, vous expliquer alors que cet objet est à un prix que vous ne retrouverez pas dans les prochaines heures et ceci pour des raisons diverses. Quand il n’ira pas jusqu’à dire qu’il sera par la suite impossible de retrouver cet objet. Toute son action est destinée à créer chez vous un sentiment d’urgence dont le seul but est d’obérer le fonctionnement de votre cerveau et par là vos facultés de raisonnement, de façon à laisser libre cours à votre émotivité. Autrement dit, il va essayer de bloquer le fonctionnement de vos lobes frontaux et de vous laisser dominer par votre cerveau ancien (voir articles précédents).

Bref, vous achetez l’objet et trouvez le même trois boutiques plus loin, et pour moins cher.

Ces phénomènes  ont été très bien étudiés par le psychologue américain Robert Cialdini dans son livre « Influences et Manipulations ».

Dans le trading et surtout dans le trading  à court terme, le vendeur et vous-même ne faites qu’une seule et même personne. Mais vous allez commencer un travail sur vous-même de la même façon que le vendeur de notre boutique. Vous pensez que vous ne retrouverez plus l’actif au prix auquel il est  et que vous ratez l’occasion de votre vie. Le sentiment d’urgence est désormais là, et vous ne pouvez plus raisonner sainement. Votre cerveau ancien vous mobilise pour l’action. Vous devez agir à n’importe quel prix. Et vous le faites. C’est naturellement à ce moment que le marché se retourne. Et vous vous trouvez piégé. Votre cerveau constate que vous vous êtes trompé, mais au lieu de sortir de votre position vous allez vous y enferrer. En effet, à ce moment un autre mécanisme va entrer en jeu. La nouvelle situation va être perçue comme une injure à votre raisonnement, à votre intégrité. Le cerveau va rester dans son état d’alerte et d’émotivité intense. Mais comme agir va entraîner de la douleur (en l’occurrence une perte même minime), il va se réfugier dans le confort de l’inaction qui est indolore à court terme. Cette inaction vous coûtera souvent plus cher après.

Dans quelles conditions se met-on dans cet état d’urgence ?

On se met en état d’urgence la plupart du temps quand on a passé un certain temps devant son écran.

Que le marché est bien en tendance et que l’on a raté la hausse ou la baisse. Il faut alors faire quelque chose pour rattraper le temps perdu.

On peut constater que 90 % de nos actions dans ces conditions sont des actions ratées.

Alors que faire ? Dés que vous identifiez un sentiment d’urgence en vous, il n’y a qu’une mesure radicale qui puisse vous empêcher de faire des bêtises : vous éloignez de votre écran, vous lancer dans une action quelconque mais qui n’a rien à voir avec le marché et de ne retourner que quand vous sentirez que vous vous êtes calmé et que vous avez repris le contrôle de vous-mêmes. Si vous n’arrivez pas à quitter votre écran, utilisez les techniques de la PNL (Programmation neurolinguistique) pour reprogrammer votre cerveau.

A tout hasard vous pourrez vous entraîner en faisant les boutiques !

Il faut toujours prendre ses positions dans un état de calme. Ne confondez jamais vitesse et émotivité. On peut être rapide dans ses décisions, parce que le travail de préparation a été bien fait, et que l’on perçoit nettement les supports et les résistances. C’est le cas des day-traders qui réussissent. Ils savent en permanence ce qu’ils sont en train de faire, bien que les décisions soient prises dans des temps très courts. A fortiori pour des opérateurs qui agissent sur une plus longue période, il ne doit y avoir jamais de sentiment d’urgence.

Rappelez-vous la boutade de  Warren Buffet «  Je rate au moins une fois par semaine l’opération de ma vie »