Tao du trading

Le Tao de la Bourse et du Trading a pour objectif d'opérer en bourse sans émotions. C'est à dire à se mettre dans une situation telle que les émotions sont contrôlées. C'est ce que l'on appelle la "juste attitude" .

03 novembre 2008

Nous sommes tous des traders fous…

 

 

 

 Dans les périodes de forte volatilité, nous sommes tous tentés de vouloir profiter du mouvement tout en essayant de prendre ses bénéfices le plus vite possible. La conséquence se traduit par de l’overtrading c'est-à-dire par un trading compulsif qui nous conduit à prendre de nombreuses positions dans la journée. Si nous avons été gagnant plusieurs fois de suite il apparaît rapidement un sentiment de sur confiance qui est généralement porteur d’ennuis. En effet, la fatigue aidant on prendra des positions de plus en plus risquées basées uniquement sur les réflexes en négligeant de réfléchir plus en avant. Le summum est atteint quand on ne met plus ses stops ; convaincus de saisir l’essence du marché. Et naturellement la catastrophe arrive à ce moment là. Dans un marché très volatil, les mouvements peuvent démarrer brusquement et on ne sait plus quoi faire, sauf prier. Si on a eu des pertes dans la journée, on veut alors se refaire. Dans ce cas là aussi on va avoir tendance à prendre trop de positions et généralement de plus en plus risquées et de moins en moins motivées.

La troisième situation est celle du trader qui a vu un mouvement important se développer sous ses yeux et qui n’a pas  su prendre position au bon moment. Dans ce cas au lieu d’attendre un pull back pour entrer, on se précipite au plus haut et au plus bas et c’est alors que le marché se retourne. Ou encore on cherche le point de retournement, et au moindre pull back on prend position contre la tendance, et le marché repart bien sûr dans la bonne direction : celle de la tendance.

 

A un moment ou à un autre nous avons tous été des traders fous. Que faire pour éviter cela ?

 

-Si l’on est gagnant, prendre du temps entre chaque opération et carrément quitter le poste de trading avant de recommencer.

Regarder à ce moment là l’évolution du marché sur la période supérieure (période opérationnelle multipliée par 5)

-Si l’on est perdant procéder de même.

-Ne rentrer que dans des positions qui permettent de placer un stop serré.

-Ne jouer que si la tendance opérationnelle et la tendance supérieure sont dans le même sens.

-Ne jamais oublier avant une prise de position de fixer un objectif, un point d’entrée et un point de fuite (stop).

-Surveiller son plan de trading. Si le résultat a atteint les objectifs de la journée, s’arrêter carrément d’opérer.

-Procéder à de minis exercice de relaxation entre chaque opération : regarder vers le haut, laisser tomber les épaules, respirer avec le ventre, s’étirer etc...

-Ne pas prendre position sur les emballements du marché : c’est le moment où l’on fait des bêtises. Attendre un pull back. Mais attention, dans les marchés volatils, les « pull back » peuvent être sévères et se transformer en inversion de tendance.

-Ecrire avant de prendre position (cours de prise, objectif, fuite), cela fixe les idées et oblige le cerveau à faire une pause. Cela permet aussi de se recadrer avec ses objectifs et avec son système de trading. Tout cela renforce la discipline.

 

Andréa BRIGNONE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



28 janvier 2008

COMMENT DEVIENT-ON UN TRADER FOU?

Quelle que soit la vraie explication de la perte de la Société Générale, une question sous-jacente est apparue : comment devient-on un trader fou ? Cette question qui semble ne toucher que des traders professionnels qui opèrent sur  des sommes énormes, est en réalité une question qui touche l’ensemble des opérateurs et qui peut s’exprimer de la façon suivante :

Comment se fait t-il qu’à un certain moment le trader s’affranchit des règles de prudence (en l’occurrence du money management) pour s’enferrer dans une situation impossible ?

Les spécialistes américains appellent cela l’auto sabotage du trader et le mot le plus adéquat semblerait être l’auto manipulation.

Il existe en psychologie sociale une réponse possible à ce phénomène : la théorie de l’engagement.

Prenons un exemple désormais classique et dont j'ai parlé précedemment. Supposons que vous deviez aller quelque part. Vous avez le choix entre prendre un taxi et prendre l’autobus. L’autobus est moins cher et vous décidez donc de l’attendre. Vous ne prenez donc pas les taxis qui attendent sagement. Le temps passe, les taxis s’en vont  l’un après l’autre. Vous continuez à attendre car vous avez déjà perdu un quart d’heure. Vous avez déjà tout à fait librement investi du temps. Au bout d’une demi heure il n’y a plus de taxi et toujours pas d’autobus et la pluie commence à tomber. Finalement vous rentrez à pied sous la pluie. Que s’est t’il passé ?

Les psychologues appellent cela le « piège abscons » et la « dépense gâchée ».

La personne qui a effectué une dépense librement veut continuer à être cohérente avec elle-même va s’enferrer dans sa décision en se disant « cela n’est pas possible que cela continue. Les choses vont changer ». L’esprit humain refuse l’aléatoire surtout quand celui-ci  joue contre lui.

Le trader est dans la même position. Quand les pertes dépassent un certain montant, l’esprit humain devient incrédule. Il pense que la situation va se retourner  et que dés qu’il sortira, le marché se retournera. Il ne quitte pas la position. Il n’est plus un opérateur conscient de ce qu’il fait. Il devient un joueur au casino, pensant que un coup de plus lui permettra de se refaire. Il s’enferre. Il n’agit plus, il espère. Paralysé par le trou qui ne cesse de grandir. Au lieu de compter sur lui-même, il va compter sur le hasard. A Wall Street on a l’habitude de dire que en cas de marché défavorable, le trader conscient quitte sa position et le trader inconscient se met à prier. Cette dernière image est prégnante. Elle montre bien la différence de réaction entre celui qui a encore les manettes en mains et celui qui se confie au hasard pour résoudre son problème.

La discipline reste le maître mot en matière de trading. Le trader doit se reposer sur les quatre maîtrises pour se sortir d’une situation difficile : la maîtrise des signes pour comprendre ce qui se passe sur le marché, la maîtrise du marché pour comprendre les réactions du marché, la maîtrise du jeu pour garder en tête les objectifs et les risques et finalement la maîtrise de soi même pour garder la tête froide et garder intactes ses capacités de réactions.

Il faut toujours avoir en tête l’aphorisme de Benjamin Disraeli qui devrait être la maxime des traders « Les circonstances sont en dehors de l’homme mais son comportement lui appartient. »

Andréa Brignone

Tel :0147665058

Mail : andrea.brignone@club-internet.fr

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24 décembre 2007

L’auto manipulation du boursier ou l’Art de creuser ses pertes et comment s’en débarrasser

Il vous est certainement arrivé d’aller à un rendez vous en vous disant « je vais prendre l’autobus, ce sera moins cher que le taxi ». Vous attendez 20 minutes. Toujours pas d’autobus. Des taxis sont présents à une station proche. Vous vous dites « J’ai déjà attendu 20 minutes, le bus va arriver, inutile de prendre un taxi ! ». 45 minutes plus tard toujours pas de bus et plus de taxis. Vous en êtes réduit à courir comme un fou à la prochaine station de taxi, en espérant finalement en trouvez un. Point de taxi dans l’immédiat et vous arrivez très en retard à votre rendez-vous. Que s’est il passé ?   Vous avez été victime de ce que les psychologues appellent la « notion de dépense gâchée » qui génère le « piège abscons ».

Analysons rapidement la situation. Vous vous êtes dit : « J’ai déjà perdu une demi heure (dépense gâchée), je vais bénéficier de cet investissement », en réalité pour le moment vous n’en bénéficiez pas et au contraire vous vous enferrez. Vous vous dites aussi « Chaque minute qui passe augmente la probabilité de passage de mon autobus ». En réalité il n’en est rien, car vous n’avez aucune idée de ce qu’il se passe (piège abscons).   

Pourquoi agissez vous comme cela ou plutôt pourquoi tout le monde a naturellement tendance à agir comme  cela ? Parce que nous avons besoin au-dedans de nous d’affirmer notre rationalité. A nos yeux la première décision est rationnelle, nous nous sentons donc liée par elle. C’est ce que les psychologues appellent la théorie de l’engagement et qui permet d’expliquer comment de nombreuses personnes ont continué dans leur erreur. Cela a particulièrement été étudié pour expliquer pourquoi des personnes continuaient à adhérer à des sectes alors qu’ils voyaient manifestement qu’ils étaient grugés sur tous les plans. 

Comment se laisse t’on prendre à pareils pièges. Pour une raison simple : on n’a pas fixé de limite à ses engagements. Limites qui agiront comme un réveil matin en donnant l’alerte que la dose est dépassée. 

Tout cet exposé vous rappelle certainement quelque chose ! Bien sûr ! L’opérateur boursier est victime de « dépenses gâchées » et de « pièges abscons ». Il est victime d’une auto manipulation que les américains appellent l’auto sabotage.

Par nos automatismes nous sommes tous capables de nous intoxiquer. Par l’espoir mal placé nous sommes capables de nous intoxiquer. Par le fait que nous sommes peu conscients des véritables objectifs de notre comportement nous sommes capables de nous intoxiquer. Nous n’avons besoin de personnes. Ainsi quand on me dit « j’ai été victime des manipulation des mains fortes du marché », je réponds « Non, vous avez été victime de vous- même » !

L’opérateur boursier qui se laisse prendre au piège est d’abord victime qu fait qu’il n’a pas établi de ligne de conduite précise et qu’il s’est ensuite monté la tête : il a été victime de ses émotions car ne disposant pas de garde fou, il est obligé d’espérer en la Providence. Seulement la Fortune sourit rarement aux imprévoyants. Rappelez vous le vieil adage : « Il n’y a pas de vents favorables pour celui qui ne sait pas où est son port ». Et j’ajouterai que celui qui ne sait pas où il va ne peut être audacieux, il devient forcement pusillanime.

Andréa Brignone

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08 février 2006

LES DEUX CERVEAUX DU TRADER

Vous êtes- vous demandé pourquoi alors que vous voyez si bien les choses sur un graphique, vous prenez une décision qui est dans le sens contraire de ce que vous avez vu ? Ou alors, vous voyez que le mouvement est bien solide et vous quittez votre position ramassant des miettes alors que vous auriez pu faire un joli bénéfice. Vous me répondrez : j’ai été sous l’emprise de mes émotions, je me suis focalisé sur une période de temps plus courte quand j’ai vu que les prix montaient (ou baissaient) et ainsi de suite.

Certes, ces explications vous disent ce qu’il s’est passé, mais ne vous explique pas pourquoi cela s’est passé.

Il faut rechercher ce pourquoi dans le fonctionnement de votre cerveau ou plutôt de vos cerveaux. Prendre conscience de son fonctionnement neurobiologique vous aide considérablement à modifier votre comportement.

Pour approcher ce fonctionnement nous allons nous mettre dans une situation évoquée couramment par les spécialistes de la neurobiologie.

Imaginez que vous soyez dans une maison de campagne isolée, tout seul en train de lire près d’un bon feu de bois, une soirée d’hiver. Tout est calme, seul le crépitement des bûches vous distrait momentanément de votre lecture.  Et soudain, un craquement inconnu parvient à vos oreilles. Brusquement vos sens se mettent en alerte, votre cœur se met à battre plus vite, les craquements continuent. Vous vous posez des questions. Vous essayez de comprendre. Et alors, il peut se passer deux choses : soit vous reconnaissez l’origine des craquements, vous vous calmez et reprenez votre lecture tranquillement, ou bien vous ne reconnaissez pas l’origine des craquements, et un sentiment de panique vous submerge, alors, vous essayer de fuir ou de chercher quelque chose pour vous protéger, votre pouls s’accélère, cette fois vous vous vous levez. Plus rien ne compte que ces craquements et vous imaginez toutes les menaces qui sont cachées derrière ce bruit. Vous pouvez être amené à faire des choses complètement idiotes comme, par exemple, vous mettre à courir dans la maison, vous précipiter dans une pièce et la fermer à clef etc.… tout cela sans voir de menace réelle.

Que s’est-il passé en vous ?

En réalité vous disposez de deux cerveaux (que les spécialistes me pardonnent mes simplifications, je cherche à expliquer un fonctionnement et non à décrire un mécanisme très complexe). Le premier est appelé  le cerveau ancien, il s’agit de l’amygdale. L’amygdale est une vraie centrale qui reçoit les signaux à travers le thalamus en particulier et qui va essayer de mobiliser le corps en vue de deux actions possibles : fuir ou combattre.

Pour ce faire elle va émettre toute une série de neurotransmetteurs sous forme de produits chimiques qui vont mobiliser l’ensemble des organes du corps. Parallèlement le thalamus va envoyer un signal au cerveau plus récent, les lobes frontaux (néocortex) qui, eux, vont essayer  d’analyser  ce qui se passe. Si les lobes frontaux réussissent à faire correctement leur analyse, il vont endiguer le flux de neurotransmetteurs de l’amygdale et prendre le contrôle de la situation. Si ce n’est pas le cas, c’est l’amygdale qui va noyer les lobes frontaux  de ses substances et prendre le contrôle du neo-cortex : la panique est là. On ne voit, ni analyse plus rien. On agit par réflexes.  Bons réflexes si on a le bon programme ou mauvais réflexes si on a le mauvais programme.

On dispose finalement de deux cerveaux : le premier- l’amygdale, qui vient de nos anciens ancêtre animaux, est ultra rapide mais peu doté de capacité d’analyse. Il a en quelque sorte une bande passante étroite, il réagit en fonction de programmes stockés : les engrammes.

L’autre cerveau, plus récent, dispose de puissantes capacités d’analyse, mais il est beaucoup plus lent. Par contre, il dispose d’une large bande passante. Lorsque la situation le requiers c’est le cerveau rapide qui va intervenir dans un objectif de survie. Mais s’il est mal programmé, cet acte de survie immédiate peut être contre-productif. De plus, le temps que le corps résorbe les substances chimiques qui ont mis les organes en alerte, vos lobes frontaux seront obscurcis.

Que se passe- t-il chez le trader ?

Quand le trader est dans un  état de calme, il analyse les situations en utilisant la raison.

Ses peurs n’interfèrent pas (il a ce que l’on appelle le cerveau vide), il se consacre à sa tâche, et il le fait de façon utile et rationnelle.

Si, brusquement, la peur s’empare de lui à la suite d’un mouvement de cours, c’est l’amygdale qui va prendre le contrôle, et il va faire des bêtises. Il ne verra plus la situation telle qu’elle est, il ne verra même plus ce que lui disent les graphiques et les prix. Il agira sous l’emprise de ses émotions. Ses lobes frontaux, noyés sous le flux des neurotransmetteurs jusqu’à ce qu’il parvienne au calme en ayant eu besoin d’agir et donc, généralement, de prendre une mauvaise décision.

Un exemple simple peut être donné : vous avez établi une stratégie sur un graphique de 30 minutes et vos yeux sont fixés sur un graphique d’une période de 5 minutes. Brusquement, les prix à 5 minutes décrochent dans le sens opposé à la stratégie que vous avez déterminée à 30 minutes. Sous l’excitation, vous prenez la position sur le graphique de 5 minutes à contre tendance de celui de 30 minutes. Et, naturellement, le mouvement s’inverse dès que vous avez pris position. Votre amygdale a dominé vos lobes frontaux. Il faut souhaiter que votre amygdale vous donne tout de suite l’alerte pour sortir de votre position. Mais c’est rarement le cas, parce que vous êtes obnubilé par la première réaction. Et il faudra du temps pour que vos cerveaux retrouvent le calme et les facultés d’analyse.

Que faire ?

Ici nous ne faisons que reprendre ce que nous avons dit par ailleurs.

Il faut agir sur les deux cerveaux.

Reprogrammer les réflexes de l’amygdale : pour cela des techniques comme la PNL (programmation neurolinguistique) ou, à la limite, la méthode Coué  sont les bienvenues.

Maîtriser le fonctionnement anarchique de l’amygdale : ici rentrent en jeu des techniques plus ou moins complexes : d’abord détecter chez soi la montée des émotions et essayer d’arrêter immédiatement  le processus. Pour y réussir, il est souvent nécessaire de pratiquer des techniques mentales et des postures physiques (j’en ai indiqué certaines pendant ma conférence sur la juste attitude lors du salon de Trading de Novembre 2005)  qui permettent  d’endiguer l’émission de neurotransmetteurs par l’amygdale.

Finalement, n’oubliez pas que vous devez vous sentir en bonne forme pour faire du trading. Si vous êtes fatigué ou si vous avez l’esprit embrumé, l’amygdale aura plus de facilité pour prendre le contrôle de votre esprit.

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23 septembre 2005

L’ACCEPTATION PSYCHOLOGIQUE DE LA PERTE

L’ACCEPTATION PSYCHOLOGIQUE DE LA PERTE

« La perte n’est pas un ennemi. C’est une alliée »

Aphorisme XXXIII du Tao de la Bourse et du Trading .

Aucun trader ne contestera le fait qu’une petite perte vaut mieux qu’une grosse.

Alors pourquoi fait-on de grosses pertes ? La réponse est simple. C’est parce que l’on ne peut accepter l’idée même de la perte. Accepter l’idée de la perte prouve que l’on a compris les mécanismes du marché d’une part et que l’on a réussit à surmonter la barrière que dresse notre ego à la notion de perte.

Laissons de  coté l’aspect technique et concentrons-nous sur l’aspect psychologique.

Il y a deux aspects à l’aspect psychologique de la perte :

L’aspect psychologique de la perte envisagée a priori et pendant une position.

L’aspect psychologique de la perte une fois celle-ci  réalisée.

L’aspect psychologique de la perte a priori et pendant une position.

Nous n’entrerons pas ici dans les éléments techniques de l’évaluation d’une perte potentielle (supports naturels, prise en compte de la volatilité et notion de perte acceptable. Voir pages 152 à 154 du Tao de la Bourse et du Trading), mais uniquement sur l’aspect psychologique de l’acceptation d’une perte éventuelle.

Supposons que nous prévoyons que si les choses tournent mal, nous réaliserons une perte donnée. Cette « perte donnée » , dire que nous nous interdisons d’aller plus loin. Nous fixerons en conséquences soit un stop-loss (réel ou mental).  Mettre un stop-loss réel prouve déjà que nous acceptons réellement l’éventualité d’une perte et que nous ne sommes pas prêt à aller plus loin. A condition de ne pas l’enlever si les cours vont dans le sens contraire à notre attente.  Le problème se pose quand on ne met pas de stop ou quand on l’enlève.

Quels mécanismes psychologiques sous-tendent le fait que l’on n’accepte pas au fond de soi une perte a priori, alors que l’on est dans un environnement ou tout peut arriver ?

Plusieurs explications sont aussi valables les unes que les autres :

1° D’abord l’espoir déraisonnable, alors que tout indique que la situation va à l’inverse de votre attente.

2°L’état d’aboulie : on n’est plus en mesure de prendre une décision parce que l’on est  fortement surpris et que l’on ne sait plus à quel saint se vouer. Et alors au lieu de raisonner on voit toutes les conséquences possibles de la perte d’argent au lieu de se concentrer sur l’opération. Quand votre esprit est obnubilé par autre chose, vous perdez la souplesse nécessaire. C’est votre ego qui a remplacé votre raisonnement. Sans entrer dans les détails, disons que votre cerveau est sous le contrôle des émotions, plutôt que du raisonnement.

3° La conviction que la bourse est un jeu de hasard et que l’on  peut rien faire. N’oubliez pas que pour le directeur du casino, il s’agit aussi d’un jeu de hasard  mais le directeur du casino et le joueur ne gèrent pas leurs pertes de la même façon. Les marchés financiers se prêtent mieux, par une gestion appropriée du risque, à la gestion du hasard par un individu.

4° La théorie psychologique de l’engagement : même si on a pris tout son temps pour réfléchir, une fois l’acte accompli, on ne souhaite pas le remettre en cause. Nous essayons de le justifier. L’acte effectué  nous rationalisons notre comportement. C’est exactement la même chose quand on a réussit à vous vendre un objet inutile. Vous vous rendez compte de son inutilité, mais vous aller essayer (surtout devant les autres) de justifier votre achat.

Le problème apparaît quand à force de vouloir justifier sa position, on intériorise le raisonnement. On est ainsi profondément convaincu que les choses doivent se passer comme on le voit. Les psychologues disent que l’individu réorganise son univers cognitif autour de leur conduite. L’esprit se fossilise, devient rigide et bien peu de choses peuvent le changer.

Le trader pense souvent que le monde entier va le juger. Son courtier, ses amis, son conjoint etc. et essaye de justifier son point de vue. Se justifier est déjà perdre le contrôle des événements. Moquez vous de l’opinion des gens. Que celui qui n’a pas ramassé une gamelle à la bourse, nous jette la première pierre.  En 35 ans d’activité, j’en ai ramassé pas mal. C’est ce qui m’a mené à réfléchir sur la façon d’en prendre des petites plutôt que des grosses.   

C’est pour toutes ces raisons que je vous recommande vivement d’écrire les raisons qui vous ont fait prendre une position. Vous aurez moins de mal par la suite à vous dire : « les éléments sur lesquels j’ai pris cette position n’existent plus ou ont changés, reconsidérons la position. » Et si votre esprit est trop rigide, utilisez par exemple les techniques de PNL (programmation neurolinguistique) pour l’assouplir et le faire changer de cap.

Certes, il faut un minimum de lucidité et de courage pour faire cela, mais vous pourrez alors vous dire que les marchés financiers sont volatiles et que changer d’opinion est la marque du trader efficace.

Imaginez vous en train de régater. Le vent change. Allez vous garder la même allure et la même route ? Forcement non. Vous allez en choisir une autre. Quitte à perdre du temps, pourvu que vous gardiez les yeux fixés sur votre objectif. Vous n’arriverez peut être pas le premier, mais en tout les cas vous serez mieux classé que celui qui a voulu conserver sa route.

Bien sûr, vous aller y laisser des plumes. Mais pensez que votre perte est un investissement.

Dans une entreprise, quand vous investissez, vous commencer par perdre de l’argent. C’est ensuite que les ventes commencent et les profits arrivent. Quelquefois vous vous êtes carrément trompé et vous perdez de l’argent. C’est la même chose à la bourse, certains investissements rendent, d’autres non.  Seulement comme tout bon chef d’entreprise, il ne faut pas que votre prise de risque vous mette sur la paille donc il faut savoir perdre un peu et sortir d’une situation difficile  pour ne pas perdre beaucoup.

L’aspect psychologique de la perte réalisée.

Quand on pris une grosse gamelle on est d’abord abasourdi, puis on se révolte, ensuite on se reproche son imbécillité, et ensuite….

Cela dépend comment on gère en général son émotivité : si on a un esprit positif, on va réagir. On va étudier les raisons de la catastrophe. Généralement on se dira que l’on n’est pas au point techniquement ou qu’il nous manque un système de trading efficace. On cherchera d’autres outils on travaillera encore plus les techniques de l’analyse technique, graphique etc.

On réexaminera son risk management et ainsi de suite.

Si on a un esprit négatif  on va se faire des reproches continus, on va se traiter d’imbécile, à la limite on laissera tout en plan.  Parfois la perte va engendrer une irritabilité qui se répercutera sur la vie familiale, professionnelle.

Que faire ?

Pour les traders de la première espèce qui sont prêt à continuer le combat, il leur faut d’abord s’interroger sur les erreurs commises. Voir si elles proviennent de fautes techniques ou non.

Est ce que vos objectifs sont raisonnables ou vous obligent t’ils à prendre des risques inconsidérés ?

Dans tous les cas, il est nécessaire d’analyser au  plan émotionnel ce qui s’est passé. Le carnet de bord, tel qu’il est décrit sans le Livre est un outil précieux pour cela. Si  la situation s’est déjà répétée, il n’y a pratiquement aucun doute sur le fait que les émotions ne sont pas gérées correctement. 

Ce qui peut vous mettre sur la piste c’est la façon dont vous gérez vos émotions dans d’autres domaines que le trading. Par exemple, la façon dont vous résolvez vos différents avec votre conjoint ou avec vos collègues de travail vous donnera une idée dont vous maîtrisez vos émotions. Si vous gérer correctement vos émotions dans tous les cas sauf le trading, il est alors probable que vous avez une mauvaise programmation concernant cette activité.  Il faut alors procéder à une remise en cause de cette programmation  à l’aide par exemple de la  PNL ou de tout autre technique.

Pour les traders de la deuxième espèce, la première question à se poser est « est-ce que je souhaite continuer cette activité ? Faire alors la liste de ce qui est gratifiant pour vous dans le trading et des inconvénients qu’il entraîne. Dans tous les cas vous avez un problème de gestion de vos émotions. N’oubliez pas qu’un trader joyeux est souvent un trader efficace. (Nous reviendrons un jour là-dessus.). Peut être que la réflexion que vous porterez sur vous à l’occasion du trading sera une bonne occasion de vous remettre en cause. Ainsi le trading sera une "Voie" au sens chinois ou japonais du terme c'est-à-dire un outil permettant la connaissance profonde de ce que vous êtes.

Andréa BRIGNONE

LE TAO DE LA BOURSE ET DU TRADING
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