.

Le "non agir" est une attitude à l’opposée de ce que prône le mode de vie actuel qui a tendance à confondre précipitation et efficacité.

Le "non agir" est l’attitude qui permet de s’affranchir du sentiment d’urgence qui prend le trader lorsqu’il considère qu’il n’a pas fait ce qu’il devrait faire ou qu’il voit brusquement le marché s’emballer dans un sens ou dans un autre.

Cependant le non agir n’est pas non plus  « il est urgent d’attendre ! », élevé au rang d’un mode d’action.

Le "non agir" est une attitude de sérénité qui permet au trader de calmer ses émotions et de laisser son esprit apte à évaluer une situation et d’en percevoir les changements infimes ou faibles. Changements qui peuvent être les signes d’un retournement ou au contraire du renforcement d’une tendance. Ces changements se font généralement dans des périodes d’accalmie qui sont pour l’observateur non averti des moments « où rien ne bouge ».

Autrement dit,  le « non agir » libère le trader de la tyrannie de l’inquiétude, toujours source de souffrance et par conséquent d’inefficacité.  Il va remplacer l’inquiétude par la curiosité et le détachement actif qui est la marque de la curiosité. Il va permettre de transformer le trader acteur  en un trader spectateur.  Et ce, pendant le temps nécessaire à évaluer ou réévaluer une situation avant de redevenir un trader acteur.

Comment peut on atteindre cet état ?

- D’abord, en assurant la maîtrise de son jeu : Plan de trading  pour l’ensemble de son activité et pilot chart pour la position prise ou à prendre sont indispensables. Connaître son entrée, sa sortie probable et son point de fuite avec le montant de la perte acceptée en cas d’erreur est indispensable à une certaine tranquillité d’esprit. Tous les exercices psychologiques ne vous mettront pas à l’abri d’un état de sur émotivité si vous acceptez une perte de 1 % et que vous travaillez sur un actif qui a une volatilité de 8 % (effet de levier compris) en une journée.   

- Ensuite, en assurant la maîtrise de ses émotions : Connaître la montée de son état d’émotivité et faire le nécessaire pour l’endiguer : méthodes classiques de relaxation, exercices respiratoires, méthodes de « lâcher prise », exercices  de perceptions corporelles (nous reviendrons un de ces jours sur ces méthodes). Il faudra aussi éliminer le bruit de fonds des préoccupations : nécessité de gagner, inquiétude quand aux conséquences des pertes, faire abstraction du regard des autres. Ce bruit de fond est à l’origine de ce que les américains appellent l’auto sabotage. L’élimination de ce bruit de fond est ce qu’il y a de plus difficile et faire des exercices de relaxation ne suffit pas. Il faut carrément appliquer des méthodes plus lourdes comme la programmation neurolinguistique, par exemple, ou l’autohypnose. L’avantage de ces méthodes est qu’une fois qu’elles ont été sérieusement pratiquées, elles n’ont plus besoin d’être recommencées. Le cerveau est désormais correctement programmé et les seuls rappels à utiliser sont les points d’ancrages.

- L’esprit étant dégagé parce qu’il sait où il va et parce le corps est en harmonie, la voie est alors ouverte à la maîtrise des signes et de la danse du marché. L’état de concentration augmente. On va percevoir quel est réellement l’état du marché et évaluer sereinement la situation. La connaissance des signes va renforcer notre capacité d’agir à bon escient et en fera même (à condition que les autres maîtrises soient atteintes) un vecteur de force sur lequel s’appuyer.

Le trader pourra choisir les positions pour lesquelles le marché est en sa faveur. Le « non agir » prend ici tout son sens. C’est la situation qui le poussera à agir car elle présentera pour lui un attrait si fort qu’il ne pourra pas ne pas sentir qu’il doit passer du « non agir »  à agir.

De ne pas agir quand la situation n’était pas ressentie pleinement lui fera sentir tous les charmes de la situation où il faut agir.