La littérature concernant la bourse fourmille de « apprendre à gagner en bourse », faire fortune grâce à la bourse », « 10 méthodes pour gagner en bourse » et ainsi de suite.

Je n’en ai pratiquement pas vu d’ouvrage qui titre « comment ne pas perdre à la bourse ». Ce n’est pas vendeur, et pourtant le vrai secret est là.

Certes, les pertes en bourses font partie de la stratégie du boursier et du trader. Les opérations ne peuvent être toutes gagnantes. Mais comme on le dit tout le temps, il faut perdre petit et gagner gros.

Apprendre à ne pas perdre régulièrement est en réalité la clef du quotidien boursier. Car savoir perdre petit cela s’apprend et se travaille. Perdre petit, cela veut dire que l’on sait parfaitement où l’on va (dans un univers incertain)  et que l’on a consacré non seulement du temps à choisir comment entrer mais à choisir comment sortir, aussi bien dans le cas où la position est gagnante que dans le cas où la position est perdante. La maîtrise de son jeu est la clef du trading gagnant.

La psychologie du trader ne peut être elle-même maîtrisée que si l’on maîtrise aussi son jeu.

Sinon elle devient une thérapie et non une aide à la décision. En réalité, maîtrise de ses émotions et maîtrise de son jeu sont deux choses parfaitement imbriquées : on ne peut maîtriser son jeu que si l’on contrôle ses émotions, et on ne peut contrôler ses émotions que si on évite les catastrophes, c'est-à-dire que l’on ait une certaine maîtrise de son jeu.

C’est pour cette raison que le trader doit effectuer un double travail. Maintenir le cap en ayant des objectifs de trading parfaitement étudiés et travailler sur soi- même pour contrôler ses émotions avant que celles-ci ne prennent le contrôle du cerveau  et n’empêchent  de    maintenir le cap.

Ceci étant que doit -on faire ?

D’abord se fixer une ligne de conduite comportant ses objectifs généraux de trading exprimés en jours ou sur l’année.

Ensuite déterminer une fois pour toutes ce que l’on est prêt à perdre par opération, sachant que en moyenne six opérations sur dix en matière de trading seront probablement perdantes et que vous devez essayer de gagner au maximum sur les quatre autres. De toute façon calculez qu’au moins quatre opérations doivent au minimum vous rembourser les pertes des six autres. Calculez à partir de cela  votre perte maximale autorisée par opération. Considérez que vous ne pourrez suivre sérieusement pas plus de 5 à 7 lignes différentes, et si vous êtes un trader à horizon court rarement plus de trois en même temps.

Quand vous connaîtrez votre perte maximale autorisée par opération et que vous aurez repéré les opérations possibles, essayer de déterminer les stops « naturels » : moyennes, extrémités de dojis, supports ou résistances horizontaux,  canaux etc…

Vérifiez si la sortie aux niveaux de ces stops entrent dans la catégorie de vos pertes autorisées.  Si c’est le cas, donnez vous le droit de prendre la position.

Maintenant au niveau psychologique, admettez à l’intérieur de vous-même la perte au niveau du stop. Mieux encore, considérez que vous l’avez déjà perdu. Si votre ego résiste à cette pensée, ne prenez pas la position. Voir s’approcher les cours du niveau de stop feront naître en vous des émotions que vous aurez peut être du mal à contrôler et qui vous ferons enlever votre stop, si vous l’avez mis, ou ne pas réagir à ce niveau si vous ne l’avez pas mis.

Le résultat pourra en être catastrophique pour votre capital et pour votre santé et votre confiance en vous.

C’est par cette démarche que vous allez acquérir petit à petit la discipline nécessaire.

Pour que cette méthode fonctionne, il faut que vous consacriez au moins autant de temps à choisir votre sortie qu’à choisir votre entrée. Il faut aussi que vous appreniez à bien évaluer vos niveaux de stop.

Cette méthode simple régulièrement appliquée (et je dirais même appliquée avec une discipline de fer) vous apprendra à maîtriser la perte.

Maintenant avant de prendre définitivement votre position, prenez de la distance avec vos opérations pendant quelques instants. Faites l’exercice suivant : laissez tomber vos épaules, respirez profondément et surtout levez les yeux au ciel en vous redressant. En faisant cela, vous obligez votre cerveau à changer de référentiel. La tension générée par la nécessité de prendre une décision (et qui se traduit par la production de certaines hormones qui verrouillent en quelque sorte vos lobes frontaux, siège de la réflexion) va se trouver réduite.

Vous verrez les choses comme elles doivent être vues. Vous viderez votre cerveau qui pourra ainsi se concentrer sur la mécanique du jeu.

Essayez l’ensemble de cette petite démarche et vous constaterez rapidement la différence. 

Vous aurez appris l’art de la perte maîtrisée qui est la base de toute mécanique de gain.